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LES BLESSURES DE LA GUERRE
Notre-Dame fut atteinte par les premiers obus allemands le vendredi 18 septembre 1914. Le samedi 19, vers quinze heures, le feu prit à l'échafaudage en bois de la tour nord. Les pompiers débordés par les multiples incendies dans la ville et privés d'eau par l'éclatement des conduites, ne purent intervenir efficacement. Le feu pénétra dans la nef par la grande rose, brisée sous l'effet de la chaleur, et se propagea à la paille entassée contre les portails latéraux en vue de recevoir les blessés .... allemands. Un deuxième foyer d'incendie se déclara à l'abside et deux autres encore sur le toit de la nef embrasant la grande charpente en chêne du XVe siècle. L'incendie gagna alors l'ensemble de l'édifice sans que rien ne puisse l'arrêter. 400 tonnes de plomb en fusion de la toiture s'échappent des gargouilles. Les 2 430 stères de bois de la charpente partent en fumée. Le clocher à l'ange est totalement détruit. La pierre éclate sous l'effet de la chaleur, nombre de statues sont mutilées ou détruites, certaines s'éffondrent. Le martyre de la cathédrale dura encore quatre ans, durant lesquels, elle fut frappée par près de 300 obus, la ville, quant à elle, en reçut 15 000 et fut entièrement détruite. En 1917, des obus de gros calibre percèrent la voûte en cinq points. La consolidation d'urgence, par des soldats du génie, du pilier sud-est de la croisée du transept évite l'éffondrement de la partie supérieure de l'édifice.
Malgré le souhait de certains de conserver la cathédrale dans la tragique grandeur de ses ruines, la reconstruction fut entreprise sous la conduite de l'architecte Henri Deneux, avec l'aide de généreux donateurs, en particulier de Fondations américaines (Carnégie, Ford, Rockfeller).
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